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15 juin 2026

Communiqué du 15 juin 2026 : Résidence étudiante de la rue des Archives : le CDAS se désiste de sa requête en annulation contre le permis de construire

 

 Communiqué du 15 juin 2026

Résidence étudiante de la rue des Archives : 

le CDAS se désiste de sa requête en annulation contre le permis de construire



Après plus de deux ans de bataille judiciaire, le CDAS d’Avon a pris la décision de se désister de sa requête en annulation contre le permis de construire de la résidence étudiante de la rue des Archives située en lieu et place de l’ancienne maison forestière d’Avon. Ce projet avait été permis par la modification n° 12 du PLUi de l’époque sur Fontainebleau uniquement, modification réalisée à l’issue d’une enquête publique dont les conclusions étaient pourtant défavorables concernant l’emplacement de cette future résidence.


« Le projet a toutes les chances de déboucher sur des contentieux, alors nous avons tout intérêt à envisager des alternatives » : c’est ce que déclarait le maire de Fontainebleau à la République de Seine-et-Marne dans son édition du 10 juillet 2023. Ce qui n’avait pas empêché la Ville de Fontainebleau de délivrer un permis de construire six mois plus tard, permis attaqué par le CDAS d’Avon au même titre que la modification n° 12 du PLUi compte tenu des différents manquements relevés.


La résidence étant désormais achevée, une régularisation de la part de la Ville de Fontainebleau étant intervenue, et une loi de validation étant entrée en vigueur fin 2025, l’intérêt de poursuivre la procédure devenait faible ce qui a conduit le CDAS d’Avon à se désister de sa requête en annulation. La détermination du comité reste néanmoins intacte pour préserver le cadre de vie des habitants.


Le CDAS d’Avon avait déposé un recours devant le Tribunal administratif de Melun contre l’arrêté n° PC 077 186 23 00034 en date du 12 janvier 2024 par lequel le maire de Fontainebleau avait accordé un permis de construire à la Société d’économie mixte (SEM) du Pays de Fontainebleau pour la construction d’une résidence étudiante comprenant 168 logements, un logement régisseur et un parking de 41 places sur le terrain de l’ancienne maison forestière d’Avon sis rue des Archives. Ce recours visait également l’arrêté n° PC 077 186 23 00034 M01 en date du 23 août 2024 par lequel le maire de Fontainebleau a accordé un permis de construire modificatif (PCM) à la SEM pour le même projet.


Les travaux de la résidence se sont achevés en début d’année 2026. Ce bâtiment de 15 mètres de haut reste totalement anachronique par sa densité et son esthétique comparativement au quartier existant, essentiellement constitué de pavillons avec un ou deux étages au maximum. Il porte atteinte – et continuera de le faire pendant plusieurs décennies – au caractère de la ville. S’agissant des conditions de circulation et de stationnement, déjà difficiles dans cette zone, il est peu probable que la situation s’améliore, le parking de la résidence étant sous-dimensionné et les futurs étudiants ne disposant pas de transports en commun suffisants. Si une étude sérieuse avait été réalisée par les pouvoirs publics, jamais cette résidence n’aurait vu le jour à cet endroit.


Hélas, depuis la loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite loi « Macron » qui a modifié l’article L.480-13 du code de l’urbanisme, il n’est plus possible d’obtenir la démolition d’un ouvrage édifié conformément à un permis de construire annulé par le juge administratif, à moins que le bâtiment ne soit situé en zone protégée. Or, dans le cas présent, la parcelle sur laquelle la résidence a été édifiée n’est pas classée en tant que telle. La démolition n’était donc pas envisageable, ce que le CDAS savait parfaitement. Il pensait néanmoins avoir de bonnes chances de faire annuler le permis et d’obtenir une condamnation de la Ville de Fontainebleau pour qu’elle mette en œuvre des mesures de restauration de la nature sur son territoire afin de compenser les effets délétères de ce projet sur l’environnement.


Mais début mai, tout a basculé. Le CDAS d’Avon a en effet découvert que des permis de construire modificatifs avaient été accordés à la SEM pour régulariser les permis attaqués : le PCM de régularisation n° 2 du 24 février 2025 non versé aux débats et communiqué au comité le 4 mai 2026 seulement, et le PCM de régularisation n° 3 du 6 février 2026. En remédiant a posteriori aux irrégularités soulevées par le CDAS dans le cadre de son recours devant le Tribunal administratif de Melun contre le permis de construire, ces PCM ont fortement réduit les chances du comité d’obtenir satisfaction.


Par ailleurs, même si le nouveau Plan Local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la Communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau interdit le projet litigieux, notamment en termes de hauteur et d’implantation, le CDAS d’Avon a pris acte de la réforme opérée par la loi de simplification de l’urbanisme et du logement n° 2025-1129 du 26 novembre 2025, dite loi « Huwart » et le nouvel article L. 152-6-8 du code de l’urbanisme, autorisant toutes les dérogations au PLU pour les résidences étudiantes, y compris pour des régularisations qui seraient ordonnées par le juge.


Dans ces conditions, le comité a estimé plus raisonnable de se désister de sa requête en annulation afin de se consacrer à d’autres problématiques. Choisir ses combats est essentiel, et poursuivre celui-ci n’avait plus guère de sens au vu du contexte précité et des évolutions apportées par le législateur ces derniers mois, évolutions qui, sous prétexte de simplification de l’urbanisme, fragilisent encore davantage la protection du patrimoine et de l’environnement pour pouvoir construire tout azimut. Des évolutions qui tombent à point nommé pour construire 600 nouveaux logements à Fontainebleau d’ici 2030 en application du Plan Local de l’Habitat !


Compte tenu du bienfondé de ses moyens d’annulation, le comité ne regrette nullement d’avoir engagé un tel recours contre le permis de construire incriminé. Et même s’il n’a pas eu gain de cause, il ne regrette pas davantage d’avoir attaqué la modification n° 12 du PLUi de Fontainebleau-Avon sur Fontainebleau uniquement qui rendait possible la réalisation de cette résidence dite « étudiante », le commissaire-enquêteur ayant lui-même fait part de ses réserves quant à une telle construction dans le quartier en question.


Le CDAS d’Avon continuera de dénoncer les projets qu’il estime ne pas être dans l’intérêt de la population et de prendre ses responsabilités en engageant de nouveaux recours en annulation le cas échéant.

29 octobre 2024

Communiqué du 29/10/2024 : Résidence étudiante de la rue des Archives à Fontainebleau : le Tribunal administratif de Melun rejette la demande de référé-suspension

Par une ordonnance en date du 21 octobre 2024, le juge des référés a rejeté la requête déposée
par des riverains, la Ville d’Avon et le CDAS d’Avon pour suspendre les travaux de construction de
la résidence sociale étudiante de 168 chambres sur le terrain de l’ancienne maison forestière
d’Avon à Fontainebleau.

Dans leur requête pour demander la suspension des travaux, les requérants avaient mis en exergue
les nombreuses insuffisances du projet (absence d’étude concluant à la nécessité de logements
étudiants à Fontainebleau, résidence non intégrée au tissu urbain et au réseau d’enseignement
supérieur de la ville, abattage d’une partie de la haie protégée sans justification, non-respect des
règles d’alignement et de retrait du plan local d’urbanisme, etc.) dans leur requête pour demander
la suspension des travaux.

Le juge des référés a considéré qu’il n’existait pas d’urgence à suspendre l’exécution des travaux
puisqu’il existerait un intérêt public à l’exécution du permis de construire et ne s’est pas prononcé
sur le fond de la requête déposée par les requérants. Pour justifier sa décision, il a essentiellement
pris en considération l’objectif fixé dans le programme local de l’habitat (PLH) par la Communauté
d’agglomération du Pays de Fontainebleau (CAPF), à savoir « proposer une offre adaptée à la
spécificité des jeunes et des étudiants », dans la mesure où il est prévu que le Coeur urbain de
l’agglomération accueille plus de 5 285 étudiants à l’horizon 2025 pour lesquels seules 2000 places
sont disponibles dans les résidences étudiantes existantes.

Rappelons que ce PLH, définitivement adopté le 28 mars 2024, fait l’objet d’un recours auprès de
ce même Tribunal administratif de Melun par la Fédération des Associations de Protection de la
Seine du Sud Seine et Marnais dont le CDAS d’Avon est membre. Il n’aura donc pas fallu attendre
bien longtemps avant que le PLH ne produise ses premiers effets sur Fontainebleau en justifiant la
bétonnisation d’un espace vert de 2 700 m2 au profit d’intérêts privés.

Et ce n’est qu’un début. Les arguments avancés par le juge des référés pour débouter les
requérants ont en effet de quoi faire frémir : l’offre de logements étudiants étant jugée largement
insuffisante pour accueillir les 5 285 étudiants attendus en 2025 dans le Coeur urbain de
l’agglomération, il faut s’attendre désormais – outre les 168 chambres de la rue des Archives – à
ce que la Ville de Fontainebleau délivre de nouveaux permis de construire pour des centaines de
logements étudiants supplémentaires ! A n’en pas douter, les élus trouveront avec le PLH un
moyen bien commode pour justifier tous leurs excès en matière de bétonnisation.

Si le référé-suspension a été rejeté, le permis de construire de la résidence étudiante fait toujours
l’objet d’un recours en contentieux auprès du Tribunal administratif de Melun. Le CDAS d’Avon est
désormais dans l’attente d’une date d’audience.

Le Comité reste convaincu qu’un tel projet de construction n’aurait jamais dû voir le jour dans un
quartier essentiellement pavillonnaire comme celui du Rocher d’Avon. Sans aucun parti pris
politique, le CDAS d’Avon rappelle son attachement à la préservation du cadre de vie des habitants
de l’agglomération.