27 mai 2006

Visite d'une réserve biologique proposée par Jean-Marie Virot et dirigée par Philippe Bruneau de Miré


Visite des réserves biologiques avec le CDAS d'AVON
Compte-rendu de Philippe Thomas-Derevoge

Samedi 27 mai une quinzaine d'Avonnais et de Bellifontains ont répondu à l'invitation du CDAS d'AVON pour découvrir laRéserve Biologique intégrale des hauteurs de la Solle. Sous la conduite experte de Philippe Bruneau de Miré, chercheur entomologiste, leur petite troupe a marché à la rencontre du Cetonisschema aeruginosa, de l'Aegosoma scabricorne, duZabre obèses et autres insectes rares représentant la diversité biologique que ces réserves protègent. Un peu frigorifiées par un printemps peu clément les espèces dites "rares" qui daignèrent se montrer méritèrent leur qualificatif, mais leur apparition n'en fut que plus appréciée. Et surtout chacun a pu admirer l'extraordinaire diversité végétale qui s'épanouit dans ces espaces forestiers où "la main de l'homme n'a plus le droit de mettre le pied."
C'est l'occasion de rappeler que nous devons leur création à la volonté des peintres de Barbizon et de leur chef de file, Théodore Rousseau, soucieux de protéger le décor naturel qui est la source de leur inspiration. Leur action aboutit, par un décret du 13 avril 1861, à la création de la première Série artistique officielle occupant une superficie de 1092 hectares. D'autres suivront et, en 1904, un nouveau décret porte à 1692 hectares l'étendue des sous-bois ne pouvant "être soumis à une exploitation régulière." Leur exemple est étendu à d'autres de sites remarquables. Elles sont à l'origine de la Protection de la Nature en France et dans le monde entier.
Aujourd'hui les Réserves Biologiques intégrales, "ces portions de territoire forestier, boisé ou non, où on laisse évoluer flore et faune sous la seule action du milieu naturel, sans aucune intervention de l'homme", ne couvrent plus que 216 hectares. Il faut toutefois leur ajouter les Réserves dirigées et celles dites "contrôlée" , où les interventions humaines sont possibles mais ne doivent pas modifier les caractères du milieu naturel, représentant respectivement 775 et 279 hectares. Mais avec un total de 1270 hectares les espaces préservés de toute exploitation forestière sont en nette régression par rapport à une époque, pas si lointaine pourtant, où "développement durable", "protection de la bio-diversité" et "écologie" n'étaient pas encore les tartes à la crème des discours électoraux. Notre temps ne se singulariserait-il pas par "peu d'actes mais beaucoup de paroles" et ne pourrait-on pas y voir une raison du désintérêt de nos concitoyens pour le politique?